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Pérou - Ascension du Vallunaraju 5686m


de Jerome, 23-08-2009

Encore une petite montagne de plus de 5000m



On se repose deux jours de notre trek de Santa Cruz à Huaraz où il fait très beau. Si la décision de faire un sommet est facile, celle de savoir lequel l´est moins tellement il y en a, tous plus beaux les uns que les autres. En plus, difficile de choisir parmis les nombreuses agences plus ou moins sérieuses de Huaraz. Mon idée première est de me tenter l´Alpamayo, une des plus belles montagnes au monde. C´est une montagne mythique au Pérou. Je suis très tenté mais après renseignement il faut bien se rendre à l´évidence, techniquement elle est très diffícile et je manque d´expérience. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois et l´idée de me faire un autre 6000, le Chipocalqui (6 354 M) me va bien, d´autant plus que les degrès des pentes sont un peu plus forts que ceux du Condoriri et du Pequeño Alpamayo. Une interrogation se pose toutefois sur mon acclimatation car les sommets de Bolivie datent de plus d´un mois… et pour faire un 6000 et etre bien préparé il vaut mieux marcher à plus de 5000. Après discussion, on opte pour grimper le Vallunaraju (5 686 M) avant de me faire 4 jours d´ascension pour le Chipocalqui. On choisit une agence de Huaraz qui nous parait pas trop mal, meme si on n´arrive pas a rencontrer notre guide avant.

Le lendemain, on part pour une première journée de marche avec au programme 700 mètres dénivellé. Le petit chemin de terre est très raide et parfois glissant. On peine un peu avec nos gros sacs. Dur, dur de s´économiser pour le lendemain... A 13h30, on arrive enfin au campement moraine, morts de faim. On découvre notre tente minuscule (nous avions pourtant demandé à l´agence une tente pour 3) dans laquelle à deux on peut à peine se mouvoir. Bref, pour couronner le tout, le cuisto nous fait manger à 16h puis à 18h et le guide ne nous plait pas du tout! Nous sommes à 4 900 M et le temps se couvre méchamment. En fin d´après midi, il se met à neiger fortement. Notre tente est recouverte de neige. L´ascension du lendemain est compromise… On n´a pas envie de monter si comme au Huyana Potosí on ne voit rien. En se couchant, on a une pensée pour la France où il c'est la cannicule... En meme temps c´est la deuxieme fois qu´on dort au dessus du Mont-Blanc! Nous n´avons pas de mal de tete, ce qui est bon signe pour l´ascension. A deux heures du matin notre guide nous appelle et ne prend pas la peine de sortir de sa tente pour nous réveiller... En sortant, le ciel est couvert… je demande à notre guide de partir plutot à 4h30. Comme il fait jour à 6h, si c´est couvert, on reviendra plus tot au campement. A 3h30, on entend les premières cordées qui partent. A 4h, le ciel est encore voilé et Aurélia décide de rester au campement, persuadée que le temps ne sera pas bon.

Je pars donc seul à 4h30 avec le guide que j´ai été réveiller!Cést vraiment un guignol ce guide. Le passage de la moraine n´est pas des plus agréable car il faut grimper (avec des chaussures de glacier) sur des rochers rendus glissants par toute la neige qui est tombée la nuit. Mon guide, qui en fait n´est qu´un aspirant guide de 25 ans!, monte très vite (trop pour moi!) et en 25 minutes, nous arrivons au pied des pentes neigeuses. Après avoir chaussé les crampons et s´etre encordé, on attaque la montée. Les pentes sont pas des plus faciles. Au bout de 5 minutes de marche, j´apercois les deux autres cordées parties 1 heure avant nous! On a très vite fait de les rattraper et on se retrouve vite en tete. Malheureusement, comme il a tellement neigé ces derniers jours, il n´y a plus de chemin et nous devons “faire la trace” avec par endroit de la neige jusqu´à la taille! Le jour se lève et le temps s´est éclaircit. Au loin on voit les lumieres de Huaraz et peu à peu la Cordillera Blanca s´illumine. Les hauts sommets du Huascaran, du Chopicalqui entre autres se teintent d´or en meme temps que le rose du ciel disparait progressivement. L´instant est magique.

Mon guide ne me donne pas de rythme, tantot marchant lentement, tantot rapidement! Par endroit la pente s´incline fortement et je dois m´aider de mon piolet. Pour un sommet “facile” (d´après l´agence) , je me dis qu´il n´est pas si simple que ca... En nous retournant, on constate au loin qu´une cordée a abandonnée. Le chemin passe sur des arretes dominant des énormes crevasses, mais néanmoins très belles. Je suis beaucoup moins rassuré quand je vois mon guide s´enfoncer dans la neige jusqu´à la taille près des crevasses... A un moment donné, je lui en signal une sur sa droite à 3 metres de lui. Sans s´en soucier, je le vois qui “fait la trace” en passant littéralement dessus!!! Je tiens la corde la plus tendue possible en plantant mon piolet dans la neige au cas où il tomberait. On continue sur des pentes toujours plus raides. Je me dis que pour le Chopicalqui, cela va etre bien dur d´enchainer le lendemain avec une ascension de 4 jours et que les jours de treks à porter un sac lourd commencent à bien se faire sentir. Nous sommes à 5 550 M est aucun mal de tete, ce qui me rassure sur mon acclimatation. A moins de 100 metres du sommet, nous passons sur une arrete qui domine des énormes crevasses. Mon guide en qui je n´ai pas confiance du tout me dit qu´il faut descendre un peu dans la crevasse et passer sur un pont, formé par des blocs de glace, surplombant la crevasse dont on ne devine meme pas le fond… J´hésite beaucoup, c´est très dangereux d´autant plus que les blocs de glace sont recouverts d´une bonne couche de neige. Mon cher aspirant guide du haut de sa très grande expérience me dit qu´il n´y a pas de problème, que ca tient… On est a à peine une demi heure du sommet. Je ne suis pas avec un Ramiro, mon guide bolivien... Je n´ai pas confiance du tout en mon aspirant guide depuis le début, je me dis qu´il peut y avoir un autre chemin… bref je décide de rebrousser chemin. Tant pis. Vue les conditions d´ascension, j´ai pas envie de finir comme Karine Ruby au fond d´une crevasse! En redescendant, on retrouve l´autre cordée qui monte. Je ne sais pas si au final ils seront arrivé au sommet en passant sans probleme le pont de glace. J´espère qu´il ne leur ait rien arrivé… En chemin, on retrouve une dame qui nous attend pour redescendre. Elle n´a pas pu continuer à cause du mal des montagnes! C´était pourtant la guide d´une cordée!! Les agences sont décidemment très sérieuses au Pérou… On redescend très lentemnent ce qui me laisse le temps de prendre plein de photos car la vue est absoluemement splendide. Je retrouve Aurélia qui m´attend sur un rocher de la moraine, visiblement soulagée de me voir redescendre. Elle aussi n´avait pas du tout confiance dans le guide. De retour au camp, on s´avale des noodles, puis on redescent les 700 metres montés la veille.

De retour à Huaraz, un petit détour s´impose à l´agence afin d´exprimer notre mécontentement… Compte tenu des conditions météo sur la Cordillère Blanca, du fait que j´ai eu un peu mal aux jambes lors de l´ascension, et du professionnalisme de l´agence, je décide de renoncer au Chopicalqui. Ce sera pour une prochaine fois c´est sur!

Je prends mon billet de bus pour Trujillo, avec une autre compagnie que celle d´Aurélia. Par manque de place dans son bus, nous voyagerons séparemment. En rentrant à l´hotel pour récupérer nos sacs et prendre une bonne douche, on a un mail de nos amis Remi et Natalie qui nous disent que Caroline et Cédric, un autre couple de tourdumondiste avec qui nous avions passé le jour de l´an, sont aussi sur Huaraz.

Bien entendu, c´est avec un très grand plaisir que nous les retrouvons le soir, presque 9 mois apres!, pour un petit diner. Ensuite, nous prenons chacun notre bus direction Trujillo.

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